Chaque année, nos stages sont l’occasion pour les jeunes de sortir de leur environnement habituel, de découvrir de nouveaux terrains de jeu et de continuer à progresser ensemble. Après la piste à Bonnac-la-Côte, en VTT à Ussel, ou bien les accompagnements en compétition : au régional cyclocross, au contre-la-montre par équipe sur route à Thorigny ou encore en VTT sur le circuit olympique d’Élancourt lors de la Coupe de France, notre dernier grand rendez-vous de la saison nous emmenait cette fois au cœur des Pyrénées.
Du 8 au 12 juillet, douze cyclistes de 11 à 16 ans ont pris la direction de Sainte-Marie-de-Campan (65), où nous étions hébergés pendant cinq jours. Au programme : découverte de la montagne, ascension de cols mythiques, passage du Tour de France, vie en groupe… et des souvenirs gravés à jamais.
Premiers tours de roue… et premières pentes !
À peine arrivés au gîte, difficile de résister à l’envie d’enfourcher les vélos pour découvrir les environs. Cette première sortie a rapidement permis de comprendre que la montagne, ce n’est pas tout à fait comme les routes de la Vienne !
Les paysages étaient magnifiques… mais les jambes ont vite compris qu’ici, les grands braquets allaient rester au repos. Très vite, chacun a découvert que les ascensions allaient demander davantage de patience que de vitesse.
Pour certains, cette première sortie les a menés jusqu’à Bagnères-de-Bigorre, tandis que les plus grands étaient déjà partis découvrir le col d’Aspin.
Le virage UCCV s’invite sur le Tour de France
Le lendemain, place à l’un des moments les plus attendus du séjour : le passage du Tour de France. Installés au pied de la montée du Tourmalet, nous avons rapidement fait de cet endroit… le Virage UCCV !
Pendant plusieurs heures, les jeunes ont mis une ambiance incroyable. Musique, encouragements, bonne humeur… impossible de ne pas remarquer notre groupe.
Lorsque la caravane publicitaire est arrivée, tout était permis pour attirer l’attention. Certains enchaînaient les squats pendant que d’autres brandissaient fièrement leurs pancartes faites maison. Chaque véhicule de la caravane devenait un nouveau défi : réussir à repartir avec un lot ! Mission largement réussie.
Le plus beau dans tout ça ? Plusieurs ont spontanément proposé d’offrir certains maillots à des bénévoles du club qu’ils ont choisis. Un beau geste qui rappelle l’esprit de notre association : un club intergénérationnel et inclusif.
Impossible également de ne pas évoquer Gaspard. À chaque groupe de coureurs qui passait, on l’entendait crier avec enthousiasme : « Bidon ! Bidon ! Bidon ! »
Était-ce pour encourager les coureurs… ou dans l’espoir de récupérer un souvenir ? Chacun se fera son idée !
Après le passage du peloton et de retour au gîte, la chaleur pyrénéenne a laissé place à une gigantesque bataille d’eau qui a ravi tout le monde.
Petite anecdote du tour : plusieurs spectateurs sont venus échanger avec nous après avoir entendu parler de l’UCCV ou par curiosité de ce qu’on faisait là. Une belle reconnaissance qui montre que notre club rayonne bien au-delà de la Vienne.
À l’assaut des cols mythiques
Les jours suivants étaient consacrés à ce qui faisait l’essence du stage : découvrir la montagne à vélo. Afin que chacun puisse progresser à son rythme, deux groupes ont été constitués.
Les plus grands sont partis défier le mythique Tourmalet, tandis que les plus jeunes découvraient d’abord le col d’Aspin, avant de poursuivre vers l’Hourquette d’Ancizan.
Beaucoup de cyclistes croisés sur les routes (français et internationaux) n’en revenaient pas de voir des jeunes de club gravir ces cols avec autant de détermination, d’enthousiasme et de fierté. Certains s’arrêtaient même pour les féliciter, étonnés de les voir relever un tel défi.
La montagne réserve parfois quelques imprévus. Lors de la descente de l’Hourquette d’Ancizan, Noé chute après avoir accroché une pédale sur une racine qui dépassait sur la route. Heureusement, plus de peur que de mal pour lui.
En revanche, son vélo n’a pas eu la même chance : une manivelle complètement tordue l’a rendu inutilisable. Après plusieurs appels aux loueurs de vélos de la région, aucun modèle à sa taille n’était disponible.
C’est finalement grâce au président de l’Avenir Cycliste de Bagnères-de-Bigorre (ACCB) qu’une formidable chaîne de solidarité s’est mise en place. Il nous a rapidement mis en relation avec un licencié du club qui n’a pas hésité une seconde à prêter le vélo de son fils pour permettre à Noé de terminer le stage. Un immense merci à eux pour leur disponibilité et leur générosité.
Dans les traces des professionnels
Pour cette dernière journée, un groupe est parti à l’assaut du mythique Tourmalet. Au fil de l’ascension, plusieurs cyclistes croisés la veille dans le col d’Aspin nous ont reconnus et n’ont pas manqué de nous féliciter et de nous encourager. Une montée presque trop facile puisque nos cyclistes semblaient avoir encore de l’énergie. Nous sommes donc ensuite rendus au lac de Payolle pour profiter du pumptrack en attendant le retour des plus grands.
Ces derniers réalisaient, eux, une sortie de 113 km avec 2 600m de dénivelé positif, passant par :
Hourquette d’Ancizan
Piau-Engaly
Col d’Aspin
La glace dégustée en fin de journée a permis de conclure cette belle aventure… même si certains étaient tellement fatigués qu’ils ont presque hésité à la refuser ! Enfin bon, un passage dans le ruisseau histoire de refroidir les moteurs a suffi à nos cyclistes pour retrouver leur appétit et leur gourmandise habituelle.
Trois cols de légende
Durant le séjour, les jeunes auront découvert trois ascensions emblématiques des Pyrénées :
Col d’Aspin : 12 km d’ascension, environ 650 m de dénivelé positif, pente moyenne de 5,5 %.
Col du Tourmalet : 17 km d’ascension depuis Sainte-Marie-de-Campan, près de 1 270 m de dénivelé positif, pente moyenne de 7,4 %.
Hourquette d’Ancizan : environ 8 km, 600 m de dénivelé positif et une pente moyenne proche de 7 %.
Autant de noms qui font rêver tous les passionnés de cyclisme… et que nos cyclistes peuvent désormais dire avoir gravis.
Au terme du séjour, tous les jeunes auront réalisé un enchaînement exceptionnel : la descente du col d’Aspin suivie de l’ascension du Tourmalet, exactement comme les coureurs du Tour de France quelques jours auparavant.
Plus qu’un stage de vélo
Comme toujours à l’UCCV, un stage ne se résume pas aux kilomètres parcourus.
Tout au long de la semaine, chacun a participé à la vie collective : préparation des repas, rangement, vie au gîte… autant de petits gestes qui participent à l’apprentissage de l’autonomie et de la vie en groupe, des principes au cœur de notre projet éducatif. Pour beaucoup, c’était une première expérience de la montagne.
Tous sont repartis avec davantage de confiance, des souvenirs plein la tête et la satisfaction d’avoir relevé un défi qu’ils n’imaginaient peut-être pas possible quelques jours auparavant.
C’est exactement ce que nous recherchons à l’UCCV : former des cyclistes capables de progresser à leur rythme, de s’entraider, de découvrir de nouveaux horizons et de prendre plaisir à partager leur passion du vélo.
Une nouvelle fois, cette semaine a parfaitement illustré ce qui fait l’ADN de l’UCCV : le vélo comme école de vie, où l’on apprend autant à grimper des cols qu’à vivre ensemble, à s’entraider et à se dépasser.